Et si la valeur d’une solution en santé n’était plus dans le produit mais dans la capacité de le mettre en oeuvre pour une meilleure qualité de vie du patient ?

Les efforts menés par les centres de recherche, les établissements de santé et les entreprises pour concevoir de nouveaux produits de santé sont considérables. Dans les domaines des médicaments, des logiciels ou des dispositifs médicaux, les acteurs apportent de réelles avancées. Cependant, nous pouvons observer deux tendances qui doivent amener les structures d’accompagnement aux industries de santé à se questionner. La première tendance porte sur le fait que la mise en oeuvre du produit de santé, pour que le patient puisse en bénéficier dans de bonnes conditions, est de plus en plus déterminante. La connaissance de « l’écosystème » environnant le patient, ses caractéristiques et sa qualité de vie deviennent des éléments décisifs qui dépassent les « simples » performances du produit. Dans cette perspective, la qualité des informations recueillies en amont, pendant et potentiellement après le traitement (si nous ne sommes pas dans une situation de maladies chroniques) sont déterminantes pour maximiser l’action thérapeutique d’un produit ou sa tolérance. Ces informations permettent également de responsabiliser les patients et les aidants sur le chemin de l’éducation thérapeutique.

La deuxième tendance avance que les produits de santé ne se cantonnent plus aux produits médicaux. En effet, la définition princeps pose les bases juridiques d'une réglementation indispensable qui permet de gérer les risques induits par la mobilisation, par un professionnel ou par le patient, d’un médicament, d’un dispositif médical ou d’un logiciel - voire d’un cosmétique.

Si cette définition est admise par le plus grand nombre et correspond à la réalité économique des « industries de santé », elle n’en est pas moins restrictive sur le plan économique. Avec le développement des solutions numériques pour la santé, notamment dans les champs du médico-social, du bien-être ou de la prévention, nous devons admettre que les industries pour la santé vont sans doute évoluer. Le premier Hackathon Santé qui s'est tenu à Lyon du 18 au 20 novembre en est une belle illustration. Elles devront prendre en compte un nouveau secteur économique qui adressera plus la qualité de vie en bonne santé ou la capacité à entretenir son capital santé. Cette évolution permettra d'organiser les acteurs de la santé avec et autour du patient en prenant compte de nouvelles formes de solidarité. Comme le souligne le dernier colloque de la HAS intitulé : " L’intégration du point de vue des patients à la qualité des soins et à l’évaluation en santé : quels apports ?" qui s'est tenu le 16 novembre dernier à Paris. 

La fin d’année est toujours propice au bilan, mais surtout pour anticiper l'avenir. C’est dans cette perspective que nous nous installons en vous faisant partager notre réflexion.

L’équipe du Cluster i-Care, son président et moi-même vous souhaitons de bonnes et heureuses fêtes de fin d’année.

Gérald COMTET